OpenStreetMap

Des usages d'un trottoir

Posted by Lejun on 16 September 2020 in French (Français)

Le trottoir est une partie de la route située sur le coté pour l’usage des piétons, souvent séparée de la chaussée par une bordure

La cartographie est un travail subjectif, toujours à cheval entre structure et fonction, et OSM n’y fait pas exception. Sans parler du sujet brûlant du stationnement gênant officieusement toléré sur ceux-ci, on peut être amené à se demander où commence et se termine un trottoir Exemple photo d'une "fin" de trottoir

Historique

Brièvement, OpenStreetMap est un outil cartographique qui se veut objectif, ce qui n’empêche pas une forme de subjectivité. Aux débuts, les trottoirs étaient généralement indiqués à l’aide de l’attribut sidewalk=* destiné à être utilisé sur la route qu’ils bordent, on compte encore près de 180 000 utilisations (70 000 étant des ‘sidewalk=separate’ indiquant un chemin distinct). Il y aurait ainsi une hiérarchie plaçant les utilisateurs de véhicules au dessus des piétons, ce qui est son propre débat. La seconde méthode qui est légèrement plus utilisée consiste à créer un chemin distinct et d’utiliser la combinaison d’attributs ‘highway=footway’ + ‘footway=sidewalk’.

Chaque méthode a ses avantages et inconvénients, la première ayant une certaine élégance dans sa simplicité tandis que la seconde est plus versatile et ouvre à un usage plus avancé. L’approche scientifique d’atteindre l’objectivité est d’être exhaustif, pour cela, on favoriserait la versatilité de la seconde méthode sur la simplicité (qui est un défaut à partir du moment où elle ignore les possibles espaces entre la chaussée et le trottoir, comme des voies cyclables ou de stationnement). Cela n’est cependant pas une fin en soi et il subsiste de nombreuses limitations qu’il conviendrait de traiter notamment dans un contexte d’accessibilité.

La fonction du trottoir comme support de transit

Dans une “majorité” de lieux (qui pourrait tout aussi bien être une minorité occidentale surreprésentée par un accès aux outils de communication), le trottoir est la voie de circulation des piétons. Un espace est alors fragmenté en multiples îlots reliés par des passages cloutés et il est relativement simple de créer un algorithme de routage répondant de la théorie des graphes.

Dans les faits cela s’avère plus complexe, notamment à cause de cette hiérarchie des usagers par les aménageurs non pas sans être accompagnée d’une ignorance quant aux besoins des personnes à mobilité réduite. Exemple photo d'une "fin" de trottoir Ici, comment terminer le tracé du trottoir ? Strictement parlant, le trottoir prend officiellement fin et amène sur un cul-de-sac pouvant faire appel à l’attribut noexit=yes. Cela pose cependant problème dans la mesure où en tant qu’usager valide, il m’est tout à fait possible de descendre sur la chaussée à cet endroit comme le font probablement les habitants locaux et que l’algorithme précédant inviterait sûrement à passer ailleurs. À l’inverse, une personne en fauteuil roulant pourra difficilement descendre (pour potentiellement devoir remonter) la bordure. L’attribut, purement fonctionnel, noexit=yes ne permet pas la distinction entre la-dite bordure de trottoir ou le cul-de-sac bordé de murs de 2m de haut (et encore, certains viendraient me prouver qu’il est possible d’escalader les-dits murs). L’on pourrait également avoir la “jonction facile”, simplement continuer le trottoir parallèlement à la route qu’elle borde jusqu’à rejoindre la rue perpendiculaire et ajouter en complément la bordure adéquate. Seulement, cela serait contraire au principe de vérifiabilité, l’itinéraire n’ayant pas de réalité physique, et tout environnement deviendrait rapidement un sac de nœuds, et chemins.

La structure du trottoir comme support urbain

Par ailleurs, un trottoir ne se limite pas à un simple support de déplacements mais est également un espace pouvant accueillir, entre autres, du mobilier urbain. Cet espace défini entre d’un côté le bâti et de l’autre la bordure est naturellement hétérogène. De nombreux éléments sont sujets à variations tels que la largeur, la pente, le revêtement, … Si bien que la manière la plus exhaustive qu’il soit serait de ne pas utiliser un chemin mais un polygone pour représenter un trottoir (cela s’appliquant également aux autres types de voirie). Dans la mesure où sont disponibles des méthodes pour décrire la bordure de trottoir et le bâti, il devient plus approchable de dessiner l’espace occupé par le trottoir et l’infrastructure routière en général. Reste alors à savoir comment prendre en charge ce type d’élément pour les algorithmes d’itinéraires. Jusqu’alors il reste nécessaire de dessiner au sein des aires de circulation des chemins quand bien même ces derniers n’ont aucune existence physique.

Conclusion

Définir un trottoir comme un chemin est naturellement limité de par la nature du trottoir qui est avant tout une surface, un espace. OpenStreetMap est une base de donnée versatile qui permet de recréer l’environnement, la difficulté étant de restituer au mieux le caractère dynamique et graduel de la réalité. Où commence un trottoir et où s’arrête-t-il ? Est-il identique du début à la fin ? Une “limitation”, qui ne fait que répondre aux usages, est ce consensus à utiliser des nœuds et chemins. Parler d’éléments existants en trois dimensions à l’aide de dimensions moindres induit nécessairement une perte d’informations et il convient de se demander si cette perte est pertinente ou une simple conséquence d’un confort d’utilisation. Cette même notion de confort d’usage se retrouve dans la manière de représenter les éléments. Tandis on cartographiera une structure, tandis ce sera un usage. Que signifie un trottoir si ce n’est un volume artificiel à proximité d’une surface bitumée ? Que devient ce trottoir s’il n’est pas utilisé (du moins pas à son usage principal si tant est qu’il y en ait un) pour raison par exemple de sa faible largeur ?

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